Le 23-07-2008
La fracture numérique dans le collimateur de la CGEM

Le lundi 25 décembre 2006.


Vendredi, l’organisation patronale a organisé une journée à Casablanca pour présenter un programme de formation en e-business pour les jeunes cadres de PME-PMI.

 

Réduire la fracture numérique : la formule, pour avoir été invoquée à maintes reprises, évoque souvent de façon floue un impératif pourtant incontournable aujourd’hui au Maroc et dans tous les pays sous-développés. Le constat est sans appel : sur l’ensemble des entreprises marocaines, 38% seulement déclarent disposer d’un site web et seules 14% annoncent avoir eu recours à des achats en ligne. Sous-équipement en informatique, obsolescence des techniques utilisées, sous-exploitation des potentialités des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), sont les tares des entreprises marocaines, en particulier pour les PME. Car les PME représentent 95% du PIB et 60% des salariés du privé, mais seulement 31% des exportations nationales. Un handicap qui pèse sur l’économie nationale. Western Union

Ainsi Azdine El Mountassir, représentant de la commission PME-PMI de la CGEM, explique l’intérêt de développer le commerce électronique : « En informatisant pleinement le processus de production, on peut parvenir à réduire de 90% les coûts d’importation et d’exportation, ce qu’a réussi à faire la Chine ». Les coûts relatifs au change, aux contraintes d’expédition, entre autres. peuvent diminuer considérablement en créant des procédures informatisées et standardisées. Autre point fort de la numérisation des entreprises, selon A. Mountassir, le déstockage. « Entre 25% à 50% des stocks pourraient être supprimés avec une meilleure informatisation de la gestion d’entreprise ». Un argument qui ne peut que faire mouche pour les PME-PMI exportatrices, tant le stockage peut s’avérer onéreux. En effet, l’informatique permet la gestion en flux tendus des importations et des exportations.

Mais le e-business ne se résume pas à l’accès à Internet, ni même aux technologies plus sophistiquées. Il impose plus largement une réorganisation des méthodes de travail. Driss Alaoui Mdaghri, président de l’ISCAF, institut partenaire de la manifestation, est formel : « Il n’y a pas corrélation entre l’adoption des NTIC et l’augmentation de la productivité si l’entreprise ne modifie pas son organisation interne ». Alors l’enjeu principal est de veiller à la présence d’un « M. technologie » dans chaque entreprise pour que l’investissement dans les NTIC soit payant.

C’est là tout l’objet de la création de la formation présentée par l’université Al Akhawayn en partenariat avec la Scuola Superiore ISUFI de l’université de Lecce (Italie), avec la bénédiction de la CGEM. Formation de deux mois destinés à créer de jeunes tuteurs d’entreprise spécialisés dans l’accompagnement des PME-PMI vers le e-business.

Plus largement, les organisateurs escomptent de cettte journée d’avoir permis « la rencontre et le réseautage entre les opérateurs privés et publics ». Mais n’attend-on pas trop du e-business, et plus largement d’Internet, comme de toute nouveauté ? M. Mountassir répond catégoriquement non, citant, dans la foulée de la numérisation des services de la douane, l’exemple d’une commune de Fès ayant adopté un projet administratif électronique, qui lui permet de délivrer des documents administratifs comme les actes de naissance beaucoup plus rapidement. Un gain de temps précieux dont les habitants bénéficient, et dont les entreprises doivent pouvoir s’inspirer.

Encore faudra-t-il pour cela briser quelques « obstacles psychologiques et mentaux » selon Rachid Benmokhtar Benabdellah, président de l’université Al Akhawayn : « Les directeurs d’entreprise vont devoir comprendre que c’est désormais le savoir qui fait la différence, et qu’ils doivent absolument s’adapter ». Au risque de disparaître.

Source : Liberation



Top



Adresse email :
 
Format :

Inscription


ITMaroc.com