Haut Débit : Le Maroc dans le peleton de tête africain

Internet | | Le 26 octobre, 2009 - 21 h 47 min

haut débitLa Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) a classé le Maroc parmi les cinq pays du continent africain qui concentrent 90 % des abonnés à Internet haut débit.
« L’utilisation du haut débit sur le continent africain est fortement concentrée, 90 pc des abonnés se retrouvant dans cinq pays (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Maroc et Tunisie) », indique la Cnuced, dans un rapport, rendu public, jeudi.
Le document ajoute que ces pays font aussi partie de ceux ayant connu les plus fortes augmentations du nombre d’abonnés au haut débit depuis 2003, relevant que l´Afrique comble le retard en matière de téléphonie mobile, mais reste à la traîne pour ce qui est de l´accès au haut débit.

La Cnuced note que la téléphonie mobile a pris une ampleur inégalée en Afrique, qui a vu le nombre d’abonnés bondir entre 2003 et 2008, de 54 millions à près de 350 millions, soit une augmentation de presque 550 pc, déplorant néanmoins que les pays africains se laissent distancer par les autres pays du globe pour ce qui est de l´accès Internet à haut débit, « moyen de communication pourtant essentiel à la réalisation de nombreux objectifs en matière de développement économique et social ».

Le rapport attribue ce retard notamment à l’absence d’infrastructures de télécommunications fixes, indiquant que la plupart des autres régions en développement enregistrent une pénétration du haut débit dix fois supérieure à celle de l´Afrique.

Les auteurs du rapport observent également un écart considérable pour ce qui est de la vitesse du haut débit, insistant sur la nécessité d’intervenir rapidement pour corriger cette situation de façon à ce que le continent soit entièrement connecté.

Ils font état aussi de l’existence d’un fossé entre les prix du haut débit, précisant que le coût d’utilisation d’un réseau à haut débit fixe est habituellement supérieur dans les pays à faible revenu. Quatorze des 20 pays où l´on retrouve les frais d´accès les plus élevés au monde sont en effet des pays d´Afrique subsaharienne. Même à l´intérieur du continent africain, le fossé entre les prix est énorme, note le rapport.
Les câbles à fibres optiques internationaux jouent un rôle capital pour le raccordement de l´Afrique à l´économie mondiale, mais les pays d´Afrique subsaharienne ont en grande partie été les grands oubliés des réseaux optiques, déplore la Cnuced, se félicitant, toutefois, qu’un certain nombre d´initiatives soient finalement sur le point de porter leurs fruits.
La Conférence précise, à cet égard, que le câble reliant la côte Est de l´Afrique à l´Europe et à l´Inde (SEACOM) est devenu opérationnel en juillet 2009, et le câble sous-marin longeant l´Afrique de l´Est pour relier le Kenya aux Emirats arabes unis (TEAMS) devrait le devenir plus tard cette année.

Evoquant les progrès réalisés par les pays africains en matière de téléphonie mobile, le rapport intitulé « Information Economy Report 2009: Trends and Outlook in Turbulent Times », précise que le nombre d´abonnés à la téléphonie mobile a augmenté plus rapidement en Afrique que dans toute autre région du monde depuis 2003, précisant que ce nombre est, en effet, maintenant plus de 10 fois supérieur au nombre d´abonnés à la téléphonie fixe en Afrique, et plus de 20 fois supérieur dans les pays d´Afrique subsaharienne.
Le rapport souligne que, malgré les progrès enregistrés dans le secteur des télécommunications mobiles en Afrique, le triomphalisme n´est pas de mise, ajoutant que les objectifs non encore réalisés doivent être poursuivis pour édifier une société de l´information associant vraiment toutes les parties prenantes.

Le rapport recommande, en effet, d’adopter des mesures visant à étendre les services à haut débit aux régions qui sont mal connectées à des réseaux pour désengorger les infrastructures en place et de trouver des moyens de financement nouveaux et novateurs qui permettront d´établir d´autres réseaux à haut débit fixes et mobiles plus puissants.
Selon le rapport, pour que des progrès significatifs soient réalisés en Afrique, les gouvernements, la communauté des donateurs et le secteur privé devront faire des efforts plus importants.
Le document constate, à l’échelle de la planète, que la téléphonie mobile est devenue la technologie de l´information la plus équitablement répartie, précisant qu’à la fin de 2008, elle comptait environ 4 milliards de connexions à travers le monde.

Dans beaucoup de pays développés, de pays en développement et de pays en transition, la pénétration de la téléphonie mobile dépasse 100 abonnés pour 100 habitants. Dans les pays en développement, le niveau de pénétration est huit fois supérieur à ce qu´il était au début du siècle, tandis que dans les pays les moins avancés (PMA) le nombre d´abonnés a bondi de 2 à 20 pour 100 habitants entre 2003 et 2008, constate-t-il.
La Cnuced note, en ce qui concerne l´utilisation d´Internet, que plus de la moitié de la population des pays développés est à présent connectée, contre 15 pc seulement dans les pays en développement, mais relève que la fracture numérique est particulièrement marquée quand il s´agit du haut débit.
Ainsi, précise le rapport, l´Australie, qui compte 21 millions d´habitants, dénombre plus d´abonnés aux services à haut débit que le continent africain tout entier.
Le niveau moyen de pénétration dans les pays développés est plus de huit fois supérieur à ce qu´il est dans les pays en développement. Mais, un habitant d´un pays développé est en moyenne 200 fois plus susceptible qu´un habitant d´un PMA d´avoir un accès Internet haut débit.
« Il nous reste beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir prétendre avoir sensiblement réduit la « fracture numérique » et nous diriger vers une société de l´information pour tous. Les écarts entre les infrastructures en matière de TIC sont encore considérables, surtout en ce qui concerne les réseaux à haut débit », écrit le Secrétaire général de l´ONU, Ban Ki-moon, dans sa préface au rapport.

Les auteurs du rapport expliquent que le fossé du haut débit se creuse parce que, dans les pays en développement, les bandes passantes sont plus étroites et les coûts plus élevés que dans les pays développés.

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