La passerelle OneGov pour dépasser les limites de l’e-gov

Internet, Société | | Le 17 septembre, 2006 - 17 h 00 min

Devant les limites de l’Administration électronique, telle qu’elle se présente aujourd’hui, le gouvernement essaie de donner enfin un sens à cet ambitieux projet qui n’arrive pas encore à tenir toutes ses promesses.

Ainsi, il projette de mettre en place une passerelle d’interconnexion baptisée « OneGov » qu’il propose comme un projet structurant, dont l’objectif principal est d’assurer une interconnexion sécurisée des administrations aussi bien au niveau central qu’au niveau régional et de rendre leurs systèmes d’informations interopérables.

A terme, ce projet qui sera, selon ses initiateurs, le chantier phare de l’e-Maroc pour l’année prochaine, projette d’aboutir à un guichet unique, virtuel et sécurisé de tous les services publics. « C’est un projet consistant, très ambitieux mais réalisable. C’est la partie invisible du portail national et qui le cimente. En un mot, le vrai e-gov », nous a précisé Ismail Alaoui Ismaili, chargé de mission auprès du Premier ministre et conseiller du ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales.

Pour ce faire, ce département ministériel a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour solliciter l’expertise des sociétés tant nationales qu’internationales « afin d’aboutir à une concertation claire sur le projet, d’harmoniser la perception de la problématique et des solutions éventuelles en se basant sur les expériences réussies des différentes sociétés, (…) en vue d’une réalisation dans les meilleures conditions possibles », explique-t-on auprès de ce département.

Plusieurs sociétés ont manifesté leur intérêt pour ce projet, dont Microsoft, Data Consulting, Cisco, IBM… Une fois cette consultation terminée et l’examen des propositions achevé, on lancera au cours du mois suivant, soit généralement en octobre, un appel d’offres pour la réalisation, dans un premier temps, d’un projet pilote de la passerelle d’interconnexion OneGov.

Cette première ébauche, dont la conception va être assurée par le comité de pilotage et qui sera généralisée par la suite, devra avoir un impact important auprès des citoyens et répondre aux attentes du gouvernement, selon M. Alaoui Ismaili.

En tout cas, ce projet, qui s’inspirera des expériences des pays pionniers dans ce domaine, est appelé à dépasser les limites de l’e-gouvernement, ou selon les termes de M. Alaoui Ismaili, à le développer davantage. « Bien que le Maroc ait fourni des efforts très estimables et qu’il ait réussi à franchir des étapes importantes, le développement du e-gov reste en deçà des aspirations et des objectifs escomptés comparativement aux expériences internationales », affirme-t-on auprès du département de la Poste, des Télécommunications et des Technologies de l’Information (Depti).

En effet, « et malgré l’excellence en la matière de quelques départements, explique-t-on, le processus de généralisation des télés services dans notre pays, souffre du manque d’une conception globale harmonisée, intégrée et alignée sur les standards internationaux ». Ainsi, précise M. Alaoui Ismaili, la situation actuelle de « e-gov » se limite à des applications verticales « en silos » avec des services administratifs des différents départements ministériels.

Ces services sont fournis sous différentes formes par le biais de l’Internet, souvent à travers des portails d’accès constituant la seule interface avec les usagers. Ces applications fonctionnent sous des plates-formes hétérogènes et a priori non interopérables et qui « présentent des problèmes qui sont pour le moment, mais aussi à long terme, difficiles à résoudre à cause de leur grande complexité ».

Il s’agit, notamment, de la redondance des bases des données, de la faible ou absence d’intégration au sein d’un processus inter-départemental, de la difficulté de suivre l’état d’un service à plusieurs intervenants et de l’absence de normalisation des échanges (plusieurs références de données, absence de référentiel unique, difficultés pour maintenir la consistance des données)…

C’est pour cela que le nouveau projet se propose « d’identifier les domaines sensibles qui nécessitent des actions d’amélioration et d’accompagnement visant la mise en place d’une véritable gouvernance des Systèmes d’information publics, à condition de disposer d’une vision claire des systèmes existants, et de déterminer avec précision le système d’architecture cible et les moyens pour y parvenir », conclut-on.

Un échantillon de services proposés par OneGov

Parmi les projets que cette passerelle permettra en particulier de mettre en œuvre, selon ses initiateurs, figurent

La Gestion intégrée de dépenses de l’Etat : Ce projet permettra la mise en place un système d’information pour la Gestion intégrée de la dépense de l’Etat (G.I.D). Il doit permettre une meilleure communication entre les systèmes d’informations des différents intervenants impliqués (Ordonnateurs, sous ordonnateurs, direction du budget, contrôleurs des engagements de dépenses et comptables de la Trésorerie générale du Royaume).

La création d’entreprise en ligne : ce projet ayant pour objectif d’automatiser et de mettre en ligne la procédure de création d’entreprise. Cette procédure fait impliquer plusieurs intervenants en l’occurrence (CRI, CNSS, OMPIC, TC, DGI).

Le réseau communautaire de la Santé : Il s’agit d’un réseau d’informations et d’échanges reliant les principaux acteurs opérant dans le domaine de la santé en vue de capitaliser, de partager les connaissances et les expertises du secteur et de mutualiser les ressources. Il fait impliquer les acteurs publics et privés opérant dans le domaine de la santé ainsi que des organismes de l’Organisation mondiale de la santé.

Source : Le Matin

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