P.Raynaud DG Pyxicom « L’Offshore : Il faut se battre sur la qualité de service… »

Internet, Interviews | | Le 20 février, 2006 - 15 h 12 min

pyxicomDans la droite ligne des recommandations du plan Emergence, le Maroc souhaite jouer les premiers rôles sur l’offshore.Patrick Raynaud, DG de la web agency marocaine Pyxicom, rapporte pour ITMaroc sa vision du marché.Interview…

ITM : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

PR : Bonjour, je suis le directeur général et actionnaire principal de la société Pyxicom. Je suis marié et père de deux petites filles toutes deux nées au Maroc. Je suis également actif à la Chambre Française de Commerce de Casablanca, où j’ai le plaisir de présider la commission communication et prospective, je suis également membre du bureau du CJD Rabat.

Quand avez-vous crée Pyxicom et pourquoi avoir choisi de s’implanter au Maroc ?

Pyxicom a été créée en avril 2000, sincèrement, au départ c’était un choix de vie très classique : attrait pour le pays, sa qualité de vie, ses habitants, la découverte d’une nouvelle culture. Côté professionnel mon projet était de créer une agence conseil et j’anticipais de travailler avec 2 ou 3 collaborateurs. Les opportunités et le dynamisme du marché mon conduit dans une autre aventure.

Comment pouvez vous définir votre marché et sa situation concurrentielle ?

Nous faisons parti des agences ont pu se maintenir et croître dans une période d’assainissement du marché et de la concurrence. Nous devons maintenant travailler à notre positionnement et à notre valeur ajoutée pour faire face d’une part à la complexification des dossiers (intégration de plus en plus de composante de SI) et à l’arrivée de produits tout fait (site web ou solution web clef en main). Cela passe par une valorisation de notre apport conseil au long cours, par la spécification de nos prestations sur chacun des composants de nos métiers (création graphique, ergonomie, développement, architecture, rédactionnel, marketing…), par des stratégies d’alliances.

Un grand nombre de sites Internet nationaux semblent souffrir de lacunes en tous genres, quels regards qualitatifs et techniques portez vous sur les sites web « made in morocco » ?

Clairement un manque de contenu. Le contenu et les moyens nécessaires pour le développer et l’actualiser ne sont pas assez au centre des préoccupations. Idem pour l’interactivité qui nécessite là aussi d’investir plus sur la mobilisation des ressources de l’entreprise pour l’animation des sites. Les choses changent un peu, mais c’est clairement là qu’il faut mettre l’accent.

Vous avez développé des sites Internet pour de nombreux grands comptes, quelle différence existe-t-il en terme d’exigence et de connaissance, entre un client à vos débuts et un client en 2006 ?

La connaissance et les exigences des clients ont effectivement mûris. Pour le dire simplement, nous avons de plus en plus d’indices montrant que ceux-ci, même pressés et même lorsqu’ils sont en retard dans la mise en œuvre de leur projet sont plus réceptifs à l’idée de consacrer plus de temps (et de compétences) à la réflexion et aux cahiers des charges. Les projets Internet – Intranet ne sont plus perçus que sur l’angle de la dépense mais mieux sur l’angle de l’investissement, donc également du retour sur investissement. De ce fait ils sont aussi de plus en plus sensibles à ce qu’il y a dans le moteurs : qualité des développements et des architectures, respects des standards et des normes. Tout cela nous permet progressivement de mieux valoriser les postes de contrôle qualité et de mettre avant toute la chaîne de compétence nécessaire à la réussite de ces projets. C’est un cercle vertueux positif pour tout le monde. En corollaire, ils sont exigeant sur la réactivité et plus demandeur de conseil et de stratégie. En conclusion : La situation reste encore très inégale, mais on sent un progrès.

M.Ribes, consultant e-gov, nous a fait part lors d’un récent interview sur ITMaroc [] , du problème pour les administrations de trouver des prestataires marocains suffisamment qualifiés pour développer leurs projets e-gov, d’un autre côté les web agencies manqueraient de visibilité dans ces projets, quel est votre point de vue à ce sujet ?

Il y a beaucoup de compétences et de potentiel sous employés dans les PME marocaines du secteur. Il est vrai que la taille de nombres de nos structures ne nous permet pas de nous positionner de manière compétitive sur les garanties de sécurité et de solvabilité par rapport à certaines grosses SSII marocaines ou étrangères. D’où une concentration du marché et son évaporation vers l’extérieur.

Pour y pallier il faudrait une véritable démarche de soutien de l’administration par exemple dans trois directions : proposer des premiers marchés pour identifier et tester de nouveau prestataires, proposer à des pools d’entreprises de se constituer sur certains projets (il faut mettre en place un pilotage de projet idoine), et enfin laisser plus de temps pour la réponse aux appels d’offres. Certains délais ne sont pas raisonnables. Il faudrait prendre exemple en la matière sur les politiques mis en place aux Etats-Unis. (cote part réservée aux PME par les administrations). Enfin, il est nécessaire de rassurer les PME du secteur quant aux délais et modalités de paiement des administrations qui sont souvent un frein à leurs investissements sur ces projets. Les anecdotes malheureusement négatives pour ceux qui s’y risquent sont légions.

Le plan Emergence a fait de l’offshoring l’une des priorités pour le Maroc, comment les web agencies, comme la votre, devront se préparer à cet objectif ?

La concurrence est internationale. Le Maroc joue sa carte dans l’espace européen et francophone. Les prix sont tirés. Il faut se battre sur la qualité de service. Par ailleurs quand on pense offshore on pense trop souvent sous-traitance pour l’Europe alors que le Maroc peut aussi, sous d’autres angles intervenir en offshore auprès de l’ensemble des pays africains en particulier francophones.

Quelles sont les dispositions de Pyxicom face à ce challenge ?

C’est une course dans laquelle il faut faire très vite et prendre les places dès maintenant. C’est un objectif majeur pour nous, permettez-moi d’être très elliptique quant à nos dispositions.

Selon vous, quels sont les atouts et points de progressions du Maroc pour faire face à la concurrence asiatique ?

La proximité et la langue (France, Espagne). Sur certains projets nos clients prévoient des visites régulières pour une bonne gestion. Le virtuel ne résout pas tout. Le contact est primordial pour la conclusion d’affaires, de projets, la gestion de crise. Certains pays semblent mieux armés coté fiscal. Il faut faire des progrès sur ce point. Par ailleurs et c’est tant mieux, le Maroc hausse son niveau de protection sociale. Certain pays ne joue pas le jeu de la même façon, il faudrait mieux valoriser ces efforts. Par ailleurs pour tenir la distance il est nécessaire de prendre la mesure des progrès et des réformes que doit accomplir le système éducatif.

A propos de Pyxicom :

Agence Marocaine de Communication Interactive, Pyxicom est présente sur ses marchés au Maroc depuis avril 2000. Pyxicom compte parmi ses clients fidèles des grandes entreprises marocaines (Maroc Télécom, Le Groupe Attijariwafa bank, le Groupe Richbond, le groupe Nexans), des PME renommées (Assurances Lyazidi, Paul), des institutionnels (Secrétariat Général du Maghreb Arabe, l’Agence du Sud, les Ambassades d’Allemagne et du Japon, la Chambre Française de Commerce et d’industrie, l’ American Chamber of Commerce in Morocco ).
Pyxicom développe également des marchés à l’international
Pyxicom est aujourd’hui composée de 30 collaborateurs

Coordonnées complète sur les technopages : Pyxicom

[] Interview de Marc Ribes : Interview 2e partie : « L’Egov, un gisement impréssionnat pour les professionnels des TIC… » : http://www.itmaroc.com/Interview-2e-partie-L-Egov-un.html

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