Interview 2e partie : « L’Egov, un gisement impréssionnat pour les professionnels des TIC… »

Interviews, NTIC | | Le 26 janvier, 2006 - 23 h 33 min

egovMarc Ribes, expert en e-gouvernance ayant participé à de nombreux projets pour le compte du Royaume, donne pour ITMaroc, une analyse complète sur l’administration électronique au Maroc.Interview deuxième partie…

La semaine dernière, Mr Ribes nous a exposé la situation in situ de l’E-gov au Maroc (l’interview) . Cette semaine, la deuxième et dernière partie.

ITM : Après 2008 ? quels axes de développement devront être privilégiés pour l’avenir ?

M.Ribes :La phase suivante sera la maturation. La période actuelle nécessitera avant tout une modernisation interne de l’administration, par le développement des infrastructures basiques mais aussi par la formation des agents. Ensuite, il s’agira de développer l’interactivité, de positionner l’usager au centre de la vie administrative et de développer les usages. Mais avant cela, tirons les leçons du plan présent.

En tout cas, cela représente un gisement impressionnant pour les professionnels du secteur TIC.

ITM : Selon vous, quel projet e-gov peut avoir un important effet de levier sur les programmes futurs ?

Il n’y en a pas qu’un. Je dirais ceux qui posent les bases d’une interopérabilité interministérielle (normalisation, mutualisation, environnement de sécurité, cadre législatif…) et ceux qui vont permettre à l’usager de découvrir l’intérêt du e-gov, sans nécessairement qu’il sache que c’est du e-gov. Mais également donner l’accès à ces services. On retrouve les 3 piliers précédents. Quand on bâtit une maison, il faut commencer par les fondations.

ITM : Que peut apporter l’e-gov aux entreprises marocaines et inversement, ses entreprises peuvent elles être des acteurs de l’egov ?

Le e-gov doit apporter ce dont les entreprises ont besoin : simplicité de la relation avec l’administration, gain de temps, égalité de traitement, transparence sont les points majeurs pour le Maroc. Cela nécessite cependant une réorganisation profonde des processus du côté de l’administration, analyser quel est le fondement précis d’une procédure et son utilité. Ce travail de fond est à faire par toutes les administrations.

Par ailleurs, les entreprises, essentiellement du secteur TIC, doivent être acteurs de cette transformation. Les projets ne pourront se développer sans maîtrise d’œuvre. Mais le e-gov représente une maîtrise d’œuvre un peu particulière tant les composantes qui doivent être intégrées sont nombreuses et complexes.

Au cours des études que j’ai menées, plusieurs administrations m’ont avoué ne pas trouver de prestataires marocains qualifié pour ces projets, et déplorent d’avoir à se tourner vers l’étranger et la France en particulier. Plus qu’une question de compétences et de complexité de projet, c’est souvent une question de taille. Ce qui fait la force d’un Cap Gemini ou un Bull en France, c’est sa capacité à aligner des compétences multiples et à s’engager sur des résultats auprès de l’administration. De tels acteurs sont encore peu présents au Maroc et, de l’avis même des entreprises privées, elles rechignent à investir pour adresser les projets gouvernementaux, tout simplement parce qu’elles n’ont pas suffisamment de visibilité sur ces projets et la réalité des budgets associés. Tout ça tourne un peu en rond et c’est pour ça que j’ai insisté sur la nécessité de communiquer largement sur le programme e-gov pour motiver les acteurs privés marocains.

C’est une question également de pérennisation des projets qui, au-delà de la période de réalisation, souvent 6 à 9 mois, devront être exploités, maintenus et devront évoluer sur des décennies. Cela ne peut se faire qu’avec l’aide de partenaires locaux forts.

ITM : Quel rôle peut jouer l’Open source dans l’e-administration, l’utilisation du libre doit il être privilégié pour les projets ?

Je crois que sur ce sujet, la meilleure recommandation est : pas de dogmatisme. En revanche, l’analyse des technologies logicielles est une activité à part entière, prise en compte d’ailleurs dans le programme e-gov.

Les paramètres à prendre en compte dans ce domaine sont multiples mais l’essentiel est le coût de possession global de la solution. On doit prendre en compte également la maturité des solutions, la vigueur de la communauté qui travaille dessus qui aura un impact sur le support qu’on peut en obtenir en cas de soucis, l’investissement humain pour intégrer et gérer de telles solutions, l’existence d’acteurs locaux du secteur privé, le facteur temps également, car tout ça évolue très rapidement. Ce peut être effectivement une bonne alternative au logiciel propriétaire, mais pas systématiquement.

L’autre valeur ajoutée est le développement de l’indépendance de l’administration vis-à-vis des éditeurs. Cela a un intérêt et donc l’administration doit participer au développement du libre.

Je pense que le meilleur moyen de mieux tirer parti du libre au Maroc est d’abord que les partenaires privés s’investissent davantage dans les communautés, et ne se contentent pas simplement d’exploiter ce qu’on trouve gratuitement en ligne.

Propos reccueillis par R.A pour ITMaroc.com

- A lire : (Interview 1er partie : « E-Gov:le Maroc est sur la bonne voie … » )

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Kalyopsis est un cabinet de conseil marocain créé en 2005 sur la base de l’expérience internationale acquise par ses fondateurs dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication. Il s’adresse :

* Au secteur public, dans le cadre de la modernisation de l’administration au travers de l’usage des TIC : assistance à maîtrise d’ouvrage et à maîtrise d’œuvre, stratégies TIC et e Government, schémas directeurs, expertise et dissémination.

* Au secteur privé, pour aider les entreprises à plus et mieux intégrer l’usage des TIC dans un but d’amélioration de la compétitivité et de la productivité : diagnostic, mise en œuvre de plan de progrès, consolidation et suivi. Par ailleurs, depuis janvier 2006, Kalyopsis est le distributeur exclusif pour le Maroc de l’offre du CXP (www.cxp.fr).

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