Interview 1er partie : « E-Gov:le Maroc est sur la bonne voie … »

Interviews, NTIC | | Le 17 janvier, 2006 - 17 h 00 min

egovMarc Ribes, expert en e-gouvernance ayant participé à de nombreux projets pour le compte du Royaume, donne pour ITMaroc, une analyse complète sur l’administration électronique au Maroc.Interview…

Un interview en deux parties : La semaine prochaine, ses récommandations pour le future,le secteur privé, l’open source… Cette semaine, afin de mieux apréhender l’e-gov au Maroc, Mr Ribes nous dresse la situation actuelle.

ITM : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

M.RibesBonjour. Je suis le cofondateur du cabinet marocain Kalyopsis, en association avec mon ami Sami Baghdadi, et je suis également le fondateur du cabinet français CTM (rien à voir avec la célèbre Compagnie des Transports Marocains, bien entendu).

J’ai un passé d’ingénieur, de responsable commercial et de consultant, dans le monde des hautes technologies, qui m’a permis de développer une expertise dans le domaine des usages des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), avec 2 spécialités : l’usage dans les administrations, c’est-à-dire le développement de l’administration électronique (e-gov), et l’usage dans les PME, pour le développement de leur compétitivité et de leur productivité.

Quels ont été les travaux auxquels vous avez pu participer au Maroc ?

J’ai eu l’opportunité de participer à plusieurs études ayant un caractère structurant pour les TIC au Maroc. Tout d’abord en 2004 l’élaboration du Plan de Promotion des TIC auprès des Entreprises (ou PROTIC) pour le compte du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à Niveau de l’Economie.

Ensuite en 2005, la remise à jour du Contrat de Progrès de l’APEBI, pour le compte du Ministère des Affaires Economiques et Générales. Mais également, toujours en 2005, l’assistance du Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics dans l’élaboration du Programme National e Government, IDARATI, en partenariat avec la société SIS Consultants.

J’ai également assisté le Centre Marocain des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’entreprise, le CETIC, dans son passage en phase opérationnelle, ce que je vais poursuivre cette année. J’ai donc pu développer une vision particulière de la situation des TIC au Maroc, à la fois sous l’angle politique, offre, demande et usages.

Pouvez vous nous dresser la situation de l’e-gov au Maroc ?

Le développement du e-gov au Maroc suit un schéma classique que l’on a observé dans beaucoup de pays : des initiatives ministérielles isolées, puis une consolidation des premières expériences, puis une prise de conscience de l’importance des TIC dans l’administration et enfin une structuration de la démarche au niveau interministériel. Le Maroc aborde désormais la phase suivante : la mise en place des projets, qui sera suivi par une phase de maturation.

Je pense que 2005 aura vraiment été l’année de la sensibilisation des acteurs du secteur public et de leur mobilisation. J’en prendrais pour preuve tout d’abord le succès de la conférence e-gov de juin 2005, que j’ai eu le plaisir de coorganiser avec le Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics au nom de l’Association Européenne e-Forum, dont je suis Directeur du Conseil d’administration. La qualité des dossiers présentés par les différentes administrations et primés par le prix m-tiaz était excellente.

La deuxième preuve, moins évidente pour le public mais que j’ai pu évaluer au travers de ma participation au programme IDARATI, c’est l’engagement des groupes de travail du Comité National e-gov et qui a permis de dresser la vision marocaine du e-gov pour les années à venir et bâtir un plan de travail précis.

Quel est l’avancement de l’e-gov Marocain comparativement à l’internationale ?

Si j’en crois le dernier rapport 2005 des Nations Unis, le Maroc est classé 138ème sur un total de 191 pays analysés. Il faut faire extrêmement attention à ces classements et bien vérifier ce qu’ils sont sensés illustrer.

Le développement du e-gov repose en faite sur un ensemble de paramètres qui est propre à chaque pays et qui englobe la politique, les infrastructures, les financements disponibles, le niveau d’alphabétisation et celui d’alphabétisation numérique, les priorités nationales, l’environnement législatif, les compétences locales… Je dirais pour ma part que le Maroc est sur la bonne voie car, comme je l’ai dit précédemment, tout programme passe par des phases et celle de la sensibilisation des politiques est essentielle pour le développement effectif du e-gov. Je pense que c’est chose faite au Maroc.

Ensuite, il faut des gens non seulement compétents mais également motivés pour mettre en œuvre cette stratégie, et il y a, au Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics mais également dans les autres administrations, des gens exceptionnels.

Enfin, et c’est peut-être là où est encore la faiblesse au Maroc, il faut un secteur privé compétent et mobilisé pour apporter ses compétences de maîtrise d’œuvre. Bien sûr, parce qu’il y a des budgets publics en perspectives mais également un besoin de capitalisation au niveau des professionnels car les projets e-gov doivent se considérer sur la durée et le Gouvernement Marocain ne peut pas tout confier à des entreprises étrangères. Cela a bien été identifié au cours de l’étude pour l’APEBI, d’où la nécessité pour le Gouvernement et le Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics en particulier d’afficher clairement sa stratégie et les budgets qui vont être alloués, pour démontrer au secteur privé qu’il a tout intérêt à investir ce marché. Mais je sais qu’aujourd’hui le message est passé.

Les autres paramètres doivent être traités en parallèle. Pour résumer, un programme e-gov s’appuie sur 3 piliers : le contenu, l’accès et les infrastructures. Il faut veiller à ce que ces éléments soient développés ensemble.

Concrètement, quels sont les objectifs du programme e-gov 2005-2008 ?

Je laisserai le soin au Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics de faire cette présentation. Je pense que le programme IDARATI doit être présenté prochainement. Mais comme dans tout programme e-gov, on retrouve un mélange de modernisation du secteur public, de simplification de la relation avec les usagers, d’amélioration de la productivité de l’administration et de développement de la transparence.

Tout cela doit être fait en coordination et surtout pour servir les objectifs prioritaires du Maroc, comme l’INDH, le développement du tourisme ou le développement de l’offshoring, pour n’en citer que quelques-uns. Le e-gov est un outil et non une finalité.

Quelle vision avez-vous souhaitez apporter à son schéma directeur ?

Tout d’abord, un recul par rapport aux pratiques internationales. L’Association Européenne e-Forum que j’évoquais auparavant est dédiée à la dissémination et le transfert des bonnes pratiques dans le domaine e-gov. Il est indispensable de ne pas réinventer la roue.

Le e-gov reste un sujet neuf, dans lequel les technologies évoluent à une vitesse importante. Il faut bénéficier de l’expérience des autres pays, en s’appuyant sur les bonnes pratiques mais également en évitant les mauvaises. Le Maroc est engagé dans cette démarche d’échange, notamment avec la DGME en France (ADAE jusqu’à fin 2005) mais également avec d’autres pays. Ensuite, le pragmatisme.

Pour que le secteur privé adhère à la démarche e-gov, il est indispensable d’avoir des projets concrets. Cela veut dire des objectifs et des moyens. Ensuite, même si les projets doivent être lancés en parallèle, il y a des actions incontournables et transversales qui doivent être faites de façon prioritaire afin de servir la réalisation des projets et donc de permettre l’interopérabilité futur des projets, gage d’optimisation du retour sur investissement.

Enfin, j’ai souhaité mettre l’accent sur le besoin d’un pilotage fort de ce programme.

Propos reccueillis par R.A pour ITMaroc.com

- A lire : (Interview 2eme partie : « L’Egov, un gisement impréssionnat pour les professionnels du secteur TIC… »)

- A propos :

Kalyopsis est un cabinet de conseil marocain créé en 2005 sur la base de l’expérience internationale acquise par ses fondateurs dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication. Il s’adresse :

* Au secteur public, dans le cadre de la modernisation de l’administration au travers de l’usage des TIC : assistance à maîtrise d’ouvrage et à maîtrise d’œuvre, stratégies TIC et e Government, schémas directeurs, expertise et dissémination.

* Au secteur privé, pour aider les entreprises à plus et mieux intégrer l’usage des TIC dans un but d’amélioration de la compétitivité et de la productivité : diagnostic, mise en œuvre de plan de progrès, consolidation et suivi. Par ailleurs, depuis janvier 2006, Kalyopsis est le distributeur exclusif pour le Maroc de l’offre du CXP (www.cxp.fr).

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