Interview de Mme Reydet-Rousselet directeur général CMC² Maroc

Interviews, NTIC | | Le 27 juillet, 2004 - 17 h 00 min

cmc2Mme Reydet-Rousselet de CMC² Conseil, société partenaire des MED-IT@Casablanca, revient pour ITMaroc.com sur cet évènement du 23 et 24 Juin 2004 : « Il est important que les acteurs nationaux s’inscrivent dans cette dynamique euro-méditerranéenne afin de montrer une vitrine du Maroc… »

Pouvez vous vous présenter ainsi que la société CMC² ?

Isabelle Reydet-Rousselet, fondatrice et directeur général de la société de conseil et de services CMC² qui a 10 ans d’activité au Maroc cette année… CMC² développe et met en place des services d’accompagnement aux entreprises sur quatre principaux axes :

- marketing stratégique : étude, recherche-qualification de partenaires,…,
- marketing opérationnel BtoB : promotion des ventes, marketing direct, structuration-rédaction de supports ciblés, lettres d’information, relations média-RP
- RH-Formation : accompagnement au changement, formations intra-entreprise (en particulier sur l’axe sécurité), coaching de hors-cadres et dirigeants
- IT-Infrastructure avec deux offres distinctes, l’une dédiée aux grands comptes, l’autre au PME-PMI où CMC² joue le rôle de DSI. Les services proposés par CMC² se fondent sur la méthodologie CXP « démarche progicielle » que CMC² représente en exclusivité (CXP est l’observatoire et l’expert reconnu depuis trente ans du marché des progiciels)

Pourquoi avoir opté pour le Maroc ?

Challenge personnel, envie de découvrir de nouveaux horizons et milieux d’affaires dans un premier temps puis intérêt et passion pour ce pays en pleine mutation.

CMC² a été le co-organisateur des MED-IT 2004, Comment organise t-on un événement de ce genre au Maroc ?

CMC² n’est pas co-organisateur mais plutôt partenaire des Med-IT ; en effet, XCOM France et le Casablanca Technopark organisent cet événement. En liaison avec les organisateurs, CMC² assure la promotion et communication de ces journées d’affaires au Maroc, ainsi que le choix des intervenant pour les tables rondes thématiques.

Nous pouvons également préparer des plannings de rendez-vous pour certains dirigeants de sociétés qui demandent à rencontrer leurs homologues chez des partenaires potentiels pré-ciblés. CMC² s’intéresse particulièrement aux événements très professionnels qui permettent de contribuer à la promotion du Maroc, de drainer des nouvelles compétences et d’enrichir les produits et services disponibles sur le marché.

Quelles sont les vocations des MED-IT ?

Les Med-IT permettent d’établir des partenariats entre acteurs méditerranéens du secteur des technologies de l’information (fournisseurs d’accès internet, opérateurs Télécoms, opérateurs satellites, éditeurs de logiciels et consultants spécialisés) et de présenter des produits et services professionnels innovants à destination d’un marché particulier (Maroc, Algérie, Tunisie).

Les internationaux viennent étudier les potentialités du marché et chercher des sociétés à même de les représenter localement. Les nationaux quant à eux présentent leur offre et compétences tant au participants étrangers auprès desquels ils démontrent un savoir-faire et s’inscrivent ainsi en partenaires potentiels qu’auprès des visiteurs professionnels qui sont des décideurs.

Les conférences ayant rencontrées le plus de succès ?

Les thèmes traités dans le cadre des Med-IT sont tous d’actualité puisqu’ils correspondent directement aux centres d’intérêts des participants et visiteurs : télécoms, centres de relations clients, e-formation, Gestion électronique de documents, e-administration.

Ces axes de débat ont été mis en exergue lors d’une enquête réalisée en début d’année auprès des professionnels du marché afin de qualifier leurs besoins et attentes spécifiques. De ce fait, il n’y a pas de compétition entre les différentes tables rondes qui drainent un public différent. Signalons néanmoins que la conférence télécoms reste chaque année un espace de discussion très riche puisque nous réunissons les directeurs de l’ANRT et des opérateurs pour un débat ouvert.

Les centres de relations clients, réunis au sein de l’AMCRC, ont également pu présenter lors des Med-IT et de la table ronde dédiée les opportunités du Maroc en termes de service clients. De même, la conférence e-administration a fait bénéficier l’auditoire d’un premier bilan de plusieurs portails ouverts par les administrations marocaines.

Les rendez vous d’affaires ont il été nombreux ?

Chaque société partenaire présente a pu disposer d’un planning de rendez-vous, organisé par la BNSTP, avec 10 à 15 interlocuteurs pré-ciblés. Bien entendu, en plus de cet agenda, remis le 22 juin au soir, d’autres rencontres ont eu lieu, à la demande des visiteurs professionnels lors de leur venue sur les Med-IT.

François Dry, Consultant CMC² a animé la conférence traitant des Call Centers au Maroc, le Maroc possède t-il comme on le prétend, des atouts dans ce domaine ?

On ne le prétend pas, le Maroc possède réellement de nombreux atouts pour l’implantation de centres de relations clients, que ce soit en termes de délocalisation, de sous-traitance ou de partenariat. Le secteur se structure autour de l’Association Marocaine des centres de relation clients (AMCRC) qui vient de se créer. La proximité avec les donneurs d’ordres (outsourceurs) que sont principalement la France et l’Espagne est un atout de plus. Les ressources humaines sont là, et les efforts de l’OFPPT pour accompagner le secteur sont réels !

Sur le plan technique, le Maroc dispose désormais d’une infrastructure télécom de bonne qualité permettant le déploiement de ces centres. La seule ombre au tableau, relevée d’ailleurs lors de la conférence, reste l’aspect linguistique. Il est évident que l’offre du Maroc est pour l’instant exclusivement francophone, et dans une moindre mesure hispanophone (segment en cours de développement).

Reste également à savoir quel sera le cadre juridique européen concernant les délocalisations, qui sont pour l’Europe une préoccupation importante pour les années futures. Cela ne concerne d’ailleurs pas que le Maroc, mais aussi l’île Maurice, la Tunisie, les Philippines…

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M. Rachid Talbi El Alami à la conférence inaugurale

Quels ont été les grands moments de cette manifestation ?

M. Rachid Talbi El Alami, Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des Affaires économiques et générales, a donné personnellement le coup d’envoi des rencontres d’affaires le 23 juin à 9h00 avec un message fort démontrant que les Med-IT sont particulièrement les bienvenues au Maroc.

En effet, les Télécoms constitue l’un des quatre axes prioritaires de la stratégie nationale pour l’insertion du Maroc dans la nouvelle société de l’information et du savoir. Les autres axes portent sur la formation des ressources humaines, des spécialistes et des utilisateurs, l’adaptation du cadre juridique et l’amélioration des infrastructures, la généralisation de l’utilisation des TIC à tous les secteurs et le développement des services en ligne ainsi que sur la facilitation de l’accès aux usagers, citoyens et entreprises à travers la réduction des coûts, la diversification des offres, la création des points d’accès et de bornes interactives.

Su le volet e-Gov, 32 services sont déjà en ligne, notamment pour les secteurs de la justice, des finances, du transport, du foncier, de l’intérieur, de la sécurité sociale et de l’entreprise et d’autres projets portant sur les secteurs de la santé, du tourisme et de l’industrie et du commerce verront le jour prochainement.

Concernant le e-learning, M. Talbi Alami a indiqué qu’un plan d’action impliquant l’ensemble des universités et écoles supérieures a été mis en place et qu’une convention entre le gouvernemant et Maroc Télécom avait été signé pour la création d’un réseau à haut débit inter-universités : Marwan II.

En termes de services clients, le Maroc est devenu une destination privilégiée pour les centres d’appels puisqu’en trois ans, leur nombre a enregistré une progression considérable, comptant plus de 50 entreprises et employant plus de 5.000 personnes.

Pouvez vous nous donner quelques chiffres sur l’affluence des Med-it 2004

Nous ne disposons pas encore des chiffres qui doivent nous être communiqué cette semaine par l’organisateur. En revanche, nous avons pu noter la qualité du visitorat, à majorité des décideurs. Les participants sont satisfaits de ces rencontres d’affaires et les objectifs qu’ils se sont fixés quant à leur participation ont été atteints.

Quels bilans pouvez vous tirer des MED-IT 2004 ?

Très positif globalement et très qualitatif. Nous regrettons néanmoins le nombre limité d’espace d’accueil marocains. En effet, il est important que les acteurs nationaux s’inscrivent dans cette dynamique euro-méditerranéenne afin de montrer une vitrine du Maroc, répondre aux attentes des internationaux qui font le déplacement et présenter aux décideurs nationaux présents leurs nouvelles réalisations et offres de services professionnelles. Par exemple, les Med-IT ont permis de mettre en exergue les nouveaux services de Barid Al Maghrib à destination des entreprises, qu’il s’agisse du courrier hybride ou de services en ligne (suivi des envois, abonnement aux boites postales,…). Idem pour l’offre de Gemadec, de CMC²-Le CXP, de Nortis et, bien sur, de l’AMCRC qui y a fait sa première sortie en public,..

A signaler que les Med-IT, après Alger et Casablanca, donnent à nouveau rendez-vous les 29 et 30 septembre prochains au Parc Ariana de Tunis aux sociétés qui souhaitent se développer à l’international et trouver des partenaires en Tunisie. Nous préparons d’ailleurs la mise en place aux Med-IT@Tunis d’un pavillon marocain qui présenterait une vitrine technologique du Maroc en Tunisie et permettrait de préparer des courants d’affaires et d’échanges.

Un avant goût sur les thèmes qui seront abordés lors des MED-IT 2005 ?

Nous pensons qu’il faudra porter une attention toute particulière aux offres de produits et services spécifiquement dédiés aux PME-PMI. Elles vont en effet devoir rationaliser rapidement leur infrastructure informatique et télécoms et mettre en place de réels systèmes d’information pour accompagner leur développement. D’où l’importance d’espaces d’accueils et d’orientation dédiés.

Nous essayons également de mobiliser de grands éditeurs internationaux (progiciels de gestion, de CRM, de gestion financière, de help desk, d’automatisation des sauvegardes,…) afin de diversifier l’offre et répondre aux besoins des grandes entreprises et organisations qui souhaitent une représentation locale de leur partenaire étranger. Bien entendu, les distributeurs et intégrateurs nationaux doivent s’impliquer pour montrer l’offre en compétences déjà disponible sur le marché pour l’éditeur.

La sécurité des systèmes d’information et les solutions permettant la préservation des données sont également très demandés. De plus, l’accompagnement humain pour la réussite d’un projet TI reste incontournable, d’où la nécessité de présenter les acteurs pouvant accompagner la mise en place et la réussite de projets de grande envergure. Le rendez-vous des Med-IT@Casablanca

Quel est votre propre avis sur le secteur des NTI au Maroc, selon vous qu’elles seront les principaux enjeux pour les années futures ?

Ce secteur est en pleine mutation. L’offre y devient de plus en plus riche. La diminution des coûts de connexion est un élément moteur pour généraliser l’utilisation d’Internet, tant au niveau de l’entreprise que du grand public, incitant également à l’équipement en matériel et progiciels.

Le Maroc et ses entreprises doivent s’inscrire dans la mondialisation en utilisant les TIC comme support de leur développement et de trait d’union avec leurs différents marchés, tant au plan national qu’international. A noter que mettre en place un progiciel de gestion intégré dans une PME-PMI implique généralement une restructuration de l’entreprise et de ses méthodes de travail, tout en capitalisant sur les « best practices » intégrées dans le produit.

Reste bien sur à faire le bon choix. Nous pensons que le marché va de plus en plus s’intéresser aux logiciels libres et à l’open source, marché devenu mature et qui présente un intérêt certain en matière de coût et de sécurité. A signaler que les compétences sont présentes au Maroc, la majorité des écoles d’ingénieurs formant également leurs élèves aux différentes versions de Linux.

Propos reccueillis par R.A

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