Le marché de la sécurité mobile va-t-il enfin décoller ?

A la une, NTIC, Sécurité, Systèmes | | Le 20 mai, 2011 - 17 h 59 min

Selon une étude, le marché de la protection des mobiles devrait croître de 50% par an pour atteindre deux milliards de dollars en 2014. Mais les principaux bénéficiaires de cette croissance ne sont pas ceux que l’on croit…

Le mobile va-t-il enfin faire les choux gras des éditeurs de sécurité ? Il faut dire que les spécialistes nous promettent l’essor du marché des logiciels de protection pour mobiles depuis pas mal d’années déjà, multipliant les annonces alarmistes et anxiogènes, des annonces souvent exagérées voire mensongères.

Mais cette fois, on y est, s’enthousiasment les éditeurs spécialisés. Il faut dire que l’essor des smartphones (20% du parc désormais) combinés aux boutiques d’applications donnent des idées aux pirates et les menaces seraient aujourd’hui en croissance exponentielle.

Il y a bien sûr les menaces classiques que sont les SMS piégés ou encore les arnaques aux numéros surtaxés. Mais aujourd’hui, ce sont les virus embarqués dans les applications qui sont au centre des préoccupations. Ces derniers permettent de détourner des informations personnelles voire bancaires puisque le smartphone s’affirme de plus en plus comme un moyen de paiement.

Les éditeurs mettent ainsi en avant le malware « Droid Dream », présent dans des applications Android officielles, qui a piégé entre 50 000 et 200 000 téléphones au mois de mars, pour légitimer leurs argumentaires de la peur.

Les éditeurs se frottent les mains, les opérateurs aussi

Résultat, les prévisions s’envolent. Le marché des logiciels de protection pour smartphones devrait ainsi croître de 50% par an pour atteindre 2 milliards de dollars en 2014, selon une étude du cabinet Infonetics présentée ce mercredi lors du forum des technologies de Reuters.

Pour Eugene Kaspersky, patron de l’éditeur du même nom, le marché sera même aussi gros que celui de la protection des ordinateurs, soit 5 à 6 milliards de dollars. Tout le monde se frotte donc les mains.

D’ailleurs, si les particuliers tardent à s’équiper, les opérateurs prennent le taureau par les cornes et s’allient aux éditeurs de sécurité. AT&T, le numéro un américain, compte ainsi proposer de nouveaux services de sécurité l’an prochain.

F-Secure indique de son côté travailler avec une quarantaine d’opérateurs sur la sécurisation des mobiles tandis que McAfee va préinstaller l’un de ses antivirus sur certains mobiles de SFR.

Souci de protection ? Pas seulement car ces services et logiciels sont facturés au prix fort à l’abonné angoissé (plus de 10 euros par mois en moyenne). A l’heure où les revenus des opérateurs stagnent (le business des boutiques d’applications leurs échappe en grande partie), il faut bien trouver de nouveaux leviers de croissance…

Car même si la menace se fait pressante, elle reste encore marginale. Le nombre de malwares dédiés aux smartphones ne représente encore qu’une infime partie des 10 000 variantes de menaces visant les PC découvertes tous les jours.

Par ailleurs, si l’application deviendra en effet le vecteur principal de ces menaces, il faut bien reconnaître que pour le moment le risque est assez faible. La plupart du temps, ces applications modifiées et pigées se trouvent dans des markets alternatifs et non officiels, la plupart chinois.

Enfin, et c’est plutôt gênant, les logiciels de protection sont parfois moins discrets que les malwares qu’ils sont censés combattre. Certaines applications (LockOut Mobile Security, NetQin et AVG) sont ainsi très indiscrètes et demandent l’accès à l’ensemble du système à l’installation aussi bien en lecture et en écriture sans contrôle possible, et la possibilité de transmettre certaines données personnelles…

Rappelons que le problème de la sécurité des smartphones se pose de façon beaucoup plus prégnante dans les entreprises. Le smartphone entre désormais ‘par le bas’ dans l’entreprise, c’est-à-dire par le salarié lui même qu’il l’utilise pour un usage à la fois pro et perso. Il embarque donc les données et contenus personnels de l’utilisateur (prosumérisation).

Pour éviter l’injection de malwares dans le SI de l’entreprise et la fuite de données pros, l’idée est donc de dissocier et de compartimenter les contenus et d’appliquer des protections (transferts interdits, cryptage de certaines données, effacement à distance des données pro…) à tel ou tel sous-ensemble, hermétique l’un par rapport à l’autre.

Dans ce cadre, les solutions dédiées se multiplient, notamment de la part des fabricants comme RIM avec BlackBerry Balance ou d’éditeurs spécialisés comme Good Technology.

Source : businessmobile.fr

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