Les SSII Françaises font leur marché au Maroc

A la une, NTIC | | Le 3 mai, 2011 - 19 h 08 min

Depuis le début de l’année, les SSII françaises ont augmenté la fréquence de leurs recrutements au Maroc et en Tunisie pour faire face à la croissance annoncée du secteur informatique en France en 2011. Selon 01.net entreprises, ces SSII ne seraient pas totalement honnêtes envers les informaticiens maghrébins.

Les SSII françaises, qui avaient jusque-là une bonne réputation dans le royaume chérifien, commence à être pointé du doigt par certains professionnels du métier. Le discours de ces entreprises est bien rôdé : recruter au Maghreb aux mêmes conditions qu’en France. Cependant, plusieurs professionnels tels qu’Eric Beltrando, directeur de la SSII Bilog, déplore les conditions de recrutement de ces informaticiens ainsi que leurs conditions de travail.

De nombreux informaticiens marocains sont recrutés par le biais de cartes de séjours compétences et talents qui leur permettent de rester jusqu’à 3 ans en France (renouvelable pour 3 ans supplémentaires) et de prétendre à des salaires équivalents à leurs homologues français. Par défaut d’information de leur part, ces informaticiens signent souvent des contrats pour un salaire plus bas que ceux pratiqués en France et par peur de voir ceux-ci rompus, ils évitent de se plaindre lorsque leurs droits sont mis de côté tels que des primes non payées ou des congés payés moins longs que ceux de leurs collaborateurs. «Ils préfèrent faire le dos rond le temps de leur mission qui peut durer jusqu’à deux ans, pour ne pas compromettre leur chance d’obtenir le CDI français qui leur a été promis», estime Eric Beltrando.

De nombreux témoignages révèlent que certaines sociétés, en plus d’organiser une fuite des cerveaux vers l’Europe, développe un réel réseau afin de recruter des informaticiens à moindre coût. Ces sociétés créent des structures locales sans réelles activités afin de recruter des informaticiens et de les envoyer en France mais bien évidemment pour des salaires nettement plus bas que leurs homologues français et sous les conditions de travail en vigueur au Maroc. Ce procédé leur permet de contourner certaines lois sur l’immigration en France et, selon Eric Beltrando, de proposer ainsi des tarifs 10 à 15% plus bas que la concurrence au détriment de la protection des informaticiens marocains. Un autre aspect de ces pratiques a été dénoncé par Régis Granarolo, président de la munci (association professionnelle des informaticiens), qui estime que nombreux sont ceux qui accomplissent des missions autres que celles de leur contrat. «Ces salariés sont corvéables à merci. On les fait venir avant tout pour des prestations d’assistance technique. De l’intérim déguisé, caractéristique du délit de marchandage, car le lien de subordination est évidemment coupé avec l’employeur. Un mouvement qui complète l’offshore basé, lui, sur le forfait».

Pour ces informaticiens, l’objectif principal est de travailler en France suffisamment longtemps pour bénéficier d’un titre de séjour définitif et de pouvoir prétendre au regroupement familial, sans se soucier des conditions et de la rémunération du travail proposé en France.

Ez-zouak Nabil

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