Dégroupage partiel en 2007 au Maroc

Reseaux, Telecom | | Le 3 janvier, 2007 - 11 h 08 min

Une nouvelle année se profile, c’est le temps pour certains de réfléchir à de nouvelles orientations professionnelles. En faveur du dégroupage partiel, prévu début janvier 2007 par le régulateur du secteur des télécommunications, ANRT, Méditel dévoile quelques-unes de ses résolutions.

 

 

Le dégroupage de la boucle nationale vise à ouvrir le réseau des télécommunications de Maroc Telecom à d’autres opérateurs, en l’occurrence Méditel et Maroc Connect. Moyennant finances, ils pourront désormais utiliser la plateforme de l’opérateur historique pour y dispenser leurs services. Le dégroupage total interviendra en 2008. En attendant, pour l’internet (en dehors de Casablanca où le Wifi suffirait à transporter voix et données) et le fixe résidentiel, Méditel sera obligé de passer par les infrastructures de Maroc Telecom.

Méditel, qui a déjà fourni des services aux entreprises en 2006, se défie, selon son PDG, Inigo Serrano, de « donner un contenu concret à son positionnement d’opérateur global multiservice ». Car, pour Serrano, « la touche finale du processus de libéralisation sera apportée avec le lancement des offres commerciales du troisième opérateur télécoms en 2007 ». Ce qui créera certainement, selon lui, « une émulation et occasionnera des opportunités de business supplémentaires ». En plus du mobile avec 4,034 millions de clients (chiffres Méditel à fin décembre 2005), le fixe et l’internet (professionnel et résidentiel) marqueront leur rentrée en 2007 chez le deuxième opérateur.

Pour le dernier-né des opérateurs téléphoniques, Maroc Connect, la conquête du marché s’annonce difficile. Le propos de son PDG, Karim Zaz, en dit long : « Notre seul objectif, non chiffré bien sûr, est de réussir à nous implanter ». Trop tôt pour évaluer le taux de pénétration de son offre de lancement « solution entreprise », début décembre. Son offre fixe et Internet résidentielle prévue pour la deuxième quinzaine du mois de janvier 2007 aura valeur de test.

Pour le grand bonheur des consommateurs, les trois opérateurs en lice estiment déjà que la concurrence, plus ouverte dès le début de l’année prochaine, va dynamiser le marché des services du fixe. On parie déjà que les frais d’abonnement (fixe et mobile) risquent de passer à la trappe. La voie en a été tracée l’été dernier par Méditel avec son offre « tilifoune dial dar), sans abonnement et sans engagement. A propos des efforts envers le consommateur, le patron de Méditel est convaincu que « tous les acteurs du secteur des télécoms seront interpellés par une orientation vers la création de la valeur pour leurs clients ».

De toute évidence, la nouvelle année qui se profile sera marquée pour le secteur des télécommunications au Maroc par un calendrier réglementaire assez fourni, entre autres, la portabilité des numéros, le dégroupage partiel, les tarifs d’interconnections orientés aux coûts… Reste à l’ANRT de jouer pleinement son rôle.

Dégroupage : De quoi s’agit-il ?

Le dégroupage de la boucle locale est un processus qui permet aux concurrents de l’opérateur historique d’accéder aux lignes téléphoniques « la paire de cuivre » jusqu’à l’abonné. Sans refaire donc un deuxième investissement pour doubler la ligne. Sur la ligne téléphonique, les fréquences basses transmettent la voix. Les fréquences hautes véhiculent les données. Les deux informations, voix et données, sont acheminées simultanément sur ce même support. C’est ainsi que vous pouvez surfer à haut débit tout en conservant la disponibilité de votre ligne téléphonique. L’opérateur concurrent qui le désire peut sous-louer tout ou partie d’une ligne téléphonique et proposer ses propres services parmi lesquels on trouve le service internet.

Pourquoi procéder d’abord à un dégroupage partiel ? Le dégroupage se décline en deux possibilités. Les opérateurs alternatifs ont la possibilité de demander un dégroupage total ou un dégroupage partiel. Le dégroupage partiel permet à un opérateur d’avoir accès à la bande de fréquence « haute » (fréquences non vocales) de la paire de cuivre. Cette solution moins coûteuse que le dégroupage total permet aux opérateurs de proposer et de gérer par exemple de bout en bout la connexion internet ADSL. La partie téléphonie (utilisant les fréquences « basses ») reste exclusivement gérée par l’opérateur historique. Le dégroupage total permet à un opérateur historique de proposer à l’opérateur alternatif la totalité de la bande de fréquences de la paire de cuivre. L’ensemble des services internet et téléphonie est alors exclusivement géré par l’opérateur alternatif et non plus par l’opérateur historique. En optant pour une solution de dégroupage total, la ligne téléphonique est totalement prise en charge par le nouvel opérateur. Les prestations téléphoniques et services internet sont donc facturés par l’opérateur alternatif.

Quelle sera la contre-partie financière des autres opérateurs pour utiliser les infrastructures d’IAM ?

Dans le dégroupage de la boucle locale, l’opérateur alternatif ne loue que la paire de cuivre et la salle de co-localisation à l’opérateur historique où il devra installer ses propres équipements afin de relier les lignes téléphoniques à son propre réseau. Les opérateurs alternatifs payeront une location périodique pour cette contre-partie. Bien entendu, le dégroupage total sera un peu plus cher que le dégroupage partiel. Dans tous les cas, il y aura un catalogue des prix qui sera proposé à cet effet.

Explications recueillies par B.T. auprès de l’ANRT

Source : L’Economiste

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