« Illimité Phony » : Méditel n’en démord pas

Telecom | | Le 13 avril, 2007 - 4 h 28 min

La volonté de l’ANRT de viabiliser le marché des télécoms, en s’opposant à toute offre anticoncurrentielle, ne fait aucun doute. Bien que l’Agence nationale de réglementation des télécommunications hésite sur le dossier « illimité Phony ».

 

 

Moins de deux mois après avoir rendu une première décision relative à la saisine de Médi Telecom sur l’offre « Illimité Phony » de Maroc Telecom (cf. L’Economiste du 8 mars 2007), l’ANRT est de nouveau revenue sur le problème. Elle rend publique une nouvelle « décision complétant » la précédente. Quelle lecture faire de la démarche du régulateur du marché des télécoms ?

Pas de suspension

De sources proches de la direction générale de Méditel, on parle de « continuité de la décision du 23 février » dernier. Une décision qui sommait Maroc Telecom de « revoir sa grille tarifaire à la hausse ou de retirer du marché son offre Illimité phony ». Rappelons que cette offre a été dénoncée par Méditel en tant qu’ « offre anticoncurrentielle en raison de l’effet de ciseaux tarifaires ». C’est-à-dire favorisant une différence entre prix de gros et prix de détail pour le client final.

Se basant sur les nouvelles conditions tarifaires de l’offre Maroc Telecom « Illimité phony tout le temps résidentiel », de 270 DH TTC au lieu de 240 DH TTC (soit une hausse de 15%), l’ANRT a donné son approbation. Le risque de suspension de cette offre s’est dissipé. Sa révision à la hausse prouve s’il en est, selon Méditel « qu’elle correspondait bien à l’objet de notre dénonciation : une offre anticoncurrentielle car non répliquable ». Autrement dit, elle ne permet pas aux autres opérateurs « pour des raisons de rentabilité » disent certains, de reproduire la même offre au même tarif.

Si du côté Maroc Telecom, notre demande pour commentaire n’a pas reçu de suite, à Sidi Maârouf au siège de Méditel, on salue cette nouvelle décision, tout en regrettant le manque de fermeté et d’intransigeance du régulateur dans bien des cas.

Pourtant, le régulateur ne manque pas une occasion pour réaffirmer sa volonté de jouer pleinement son rôle. D’ailleurs, la Loi 55-01 lui donne des prérogatives explicites en matière de sauvegarde de la concurrence loyale dans le secteur des télécommunications.

Ce faisant l’ANRT a lancé plusieurs enquêtes et études significatives de sorte à « assurer un environnement concurrentiel équitable pour tous les acteurs du marché ». Aussi, l’Agence rappelle que la note d’orientation générale du Gouvernement pour la libéralisation du secteur (2004-2008) « a permis d’engager des leviers de régulation qui ont pour ultime finalité la sauvegarde des intérêts du consommateur ».

En attendant le résultat de toutes ces actions, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications gagnerait à se départir de son approche au fort relent d’office public.

Face à face opérateurs-consommateurs

C’est inédit ! L’ANRT pousse chaque jour davantage sa volonté de traquer les mauvais concurrents. Sa dernière trouvaille, l’organisation d’une journée d’information, le 17 avril à l’hôtel Hilton à Rabat sous le thème « Consommateurs et télécoms ». Ouvert au grand public ce face à face traitera de « l’interaction entre la régulation concurrentielle du secteur des télécommunications et les intérêts du consommateur dans la perspective du développement ». Entre autres une table ronde débattra sur « La régulation concurrentielle et le consommateur ». Les débats porteront également sur « le rôle de l’approche associative pour la préservation des intérêts du consommateur dans le secteur des télécommunications ».

Source : L’economiste

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