A Tarifa, les appels vers le Maroc au tarif local

A la une, Telecom | | Le 9 septembre, 2010 - 9 h 32 min

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce n’est pas nouveau, mais parfois cela s’applique de manière inattendue. Un exemple : la frontière entre le Maroc et l’Espagne, connue plutôt pour les difficultés d’entrée ou de sortie du territoire pour les Marocains, coûts de la traversée, droits de douane… Mais quand les frontières des réseaux de téléphonie mobile ne correspondent pas aux frontières terrestres, la balance s’inverse et fait des heureux parmi les Marocains.

Le passage d’une frontière – en voiture, à pied, en train – est une chose assez prévisible, même si c’est parfois laborieux de passer. La démarcation est (le plus souvent) claire, on sait où commence le nouvel Etat. Par contre, le passage d’un réseau mobile à celui d’un pays voisin reste souvent imprévisible. Parfois la différence est minime, le réseau change tout de suite. Dans d’autres cas, dans des villes comme Genève ou Bâle, les frontières terrestres elles-mêmes sont en pleine ville et de part et d’autre, les réseaux mobiles se mélangent, sans que ce soit possible autrement.

Et parfois, même un détroit ne suffit pas pour départager les réseaux de téléphonie mobile. Ainsi, les réseaux IAM et Méditel sont plus puissants dans certains endroits de la côte espagnole du détroit de Gibraltar que les réseaux espagnols, rapporte La Gaceta. Les émetteurs marocains sur le détroit seraient d’une telle puissance électromagnétique, qu’à Tarifa et sur certaines de ses plages, comme Punta Paloma ou Bolonia, il serait normal de capter des réseaux marocains, explique le journal.

Un état des faits que La Gaceta déplore. Les utilisateurs espagnols verraient ainsi leurs factures s’alourdir considérablement, étant donné que les appels du réseau marocain sont considérés comme provenant de l’étranger. Une situation que même un représentant de Vodafone, interrogé par La Gaceta, considère comme irrégulière. « Il est évident que si un consommateur est facturé pour les appels depuis le territoire espagnol comme s’ils étaient émis d’un pays étranger, c’est une fraude », affirme-t-il.

Une fraude à combattre, estime aussi José Carlos Cutiño de l’Union des consommateurs d’Espagne, et pour laquelle les opérateurs doivent finalement payer.

Mais pour certains, capter le réseau marocain n’est pas si préjudiciable, au contraire. Avec une carte sim marocaine, les appels vers le Maroc deviennent des appels locaux. Les Marocains de Tarifa peuvent passer un moment agréable à la plage et appeler la famille au Maroc ; même un abonnement Méditel ou Maroc Télécom peut valoir la peine.

Pour eux, les explications de l’agence de communication et de téléphonie en Andalousie sont plutôt rassurantes. Le « problème » du manque de puissance du réseau espagnol serait résolu depuis des années. « Il y a quatre ans, nous avons posé quelques répétiteurs puissants dans cette zone », explique l’agence. Depuis, « sauf s’il y avait quelques dégâts sur ces répétiteurs », il n’y aurait « aucune preuve » que de tels « problèmes » se produisent. L’organe nierait les faits?

Voilà en tout cas ce qui arrangerait ceux qui profitent de la situation. Et pour une fois, ce sont les Marocains…

SOURCE: Frederic Schmachtel pour Yabiladi.com

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