INWI, nouvelle marque, nouvelle stratégie.

A la une, Telecom | | Le 1 mars, 2010 - 9 h 00 min

Se positionner sur quatre fronts! C’est ainsi que se décline la nouvelle stratégie commerciale d’Inwi. Le mot d’ordre est de «chercher des parts de marché là où elles sont».
Le parc prépayé est une cible prioritaire. Il totalise à lui seul plus de 24 millions de clients, soit plus de 95% du marché. Evidemment, Maroc Telecom, opérateur historique, règne en maître sur ce segment. Et c’est justement dans ce segment-là qu’Inwi va puiser sa nouvelle clientèle.
D’autant plus que la croissance nette trimestrielle du prépayé a atteint 6,8% en un an (de septembre 2008 à septembre 2009). Durant cette période uniquement, le secteur a donc capté plus de 1,5 million de nouveaux usagers.
Appliquer une facturation à la seconde pour le prépayé n’est pas anodin. Inwi entend bien imposer son offre GSM, lancée mardi 23 février. L’opérateur télécom n’a-t-il pas d’ailleurs emprunté la même démarche à l’égard des téléboutiques? Son produit Bayn (fixe avec mobilité restreinte) est une téléboutique mobile. Il fait même la fierté du nouveau management. La facturation coûte 1 DH la minute pour les 2,2 millions d’abonnés. Mais ce n’est pas dans les statistiques du parc publiphone (téléboutiques, cabines téléphoniques, publiphones à carte fixe et GSM) qu’il faut vérifier. Car le régulateur (ANRT) indique que Maroc Telecom (plus de 92%) et Méditel se partagent ce marché. C’est plutôt dans la téléphonie fixe où la razzia de Bayn éclate avec 62% de parts de marché. La «marque milliardaire» est parvenue à arracher deux points à l’opérateur historique (37%). «Nous investirons pour densifier le réseau là où nous avons des abonnés uniquement, faire de la publicité…», précise-t-on.
L’offre entreprise où Méditelecom est confortablement installé n’échappera pas à la concurrence. Inwi fait valoir sa solution pour petite et grande entreprises. Son DG, Fréderic Debord, présente déjà sa marque comme «un challenger de l’opérateur historique dans le segment d’affaires»: la bataille fait déjà rage dans les plateformes offshoring… Casanearshore notamment est déjà tombée dans l’escarcelle de Wana Corporate.
L’élasticité du marché s’est surtout révélée avec l’arrivée de l’internet sans fil (3G). A fin septembre 2009, l’on compte plus d’un million d’abonnés, dont plus de 50% équipés en 3G. Certes, pour l’Internet (3G, ADSL et autres offres), c’est Maroc telecom qui mène jusqu’à présent la danse (56%) contre 32% pour Wana. Sauf que dans la 3G, la filiale de l’ONA a la palme d’or (59%). Sans oublier l’arrivée du chat accessible sur GSM à partir de 5DH. Et là aussi ce n’est pas seulement les cybercafés qui vont continuer à morfler.
Le marché de la 3G affiche une croissance annuelle fulgurante (182%)! C’est dire que l’abonnement ADSL où Maroc Telecom s’impose perd du terrain. D’ailleurs, c’est l’opérateur historique qui livre les cybercafés en débit. Il lui suffit «de brancher le tuyau pour s’assurer un revenu». Pourquoi alors Méditel a tardé à se positionner dans la 3G? C’est la grande question.
Sur le plan concurrentiel, l’on attend impatiemment l’étude sur le marché de la téléphonie mobile que prépare le Conseil de la concurrence.
En évoquant le mot «concurrence», le DG d’Inwi, se montre gentleman: «Ça me fait mal d’entendre qu’il y a entente entre les opérateurs. Je suis respectueux vis-à-vis de mes concurrents». Mais les offres d’Inwi «sont conçues pour faire mal».

Source : L’Economiste

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