Meditel devient totalement marocaine

A la une, Telecom | | Le 5 septembre, 2009 - 11 h 16 min

MeditelC’est donc la plus grosse opération financière de l’année avec un montant de 800 millions d’euros, soit quelque 9 milliards de DH. «Ce n’est pas la plus grosse participation de la CDG, mais c’est notre plus gros investissement», confirme Anas Alami, directeur général de la CDG et aussi de Poste Maroc. Pour le groupe Benjelloun, c’est aussi une très grosse opération, qui se dénouera complètement le 21 décembre prochain sur le plan du montage financier.
Le groupe avait clairement affiché son intention de faire valoir son droit de préemption, dès l’annonce du désir de l’espagnol Telefonica et de Portugal Telecom. Tous deux ont voulu réaliser leur plus-value et se redéployer vers les pays d’Amérique latine pour le premier et vers les anciennes colonies portugaises, pour le second. PT tire une plus-value nette de 270 millions d’euros (un peu plus de 3 milliards de DH).
Le montant de la cession valorise donc Méditélécom entre 13 et 14 milliards de DH, dix ans après sa création. En effet, Othman Benjelloun avait signé le plus gros chèque de l’histoire du Maroc en août 1999: 10,836 milliards de DH, pour la licence. Après l’annonce de Telefonica et de PT, «nous étions face à sept autres offres de reprises», explique le président Benjelloun, qui se félicite de la participation de la CDG. Cette dernière était déjà présente depuis le début, il y a dix ans, à hauteur de 18%. Elle passe donc à 50% (ce que nous n’avions pas assez souligné dans notre édition d’hier; nous prions nos lecteurs ainsi que les partenaires de bien vouloir nous le pardonner).
La CDG et FinanceCom soulignent que Méditel est ainsi devenue «totalement marocaine» et en tirent l’enseignement que le Maroc a maintenant des entreprises capables, en compétences et en taille, de «reprendre n’importe quelle activité». Allusion est ainsi faite à la reprise par Addoha de Fadesa Maroc. Cependant, aussi bien Othman Benjelloun qu’Anas Alami tiennent à dire et répéter qu’ils restent ouverts à toute proposition de participation, à condition qu’elle apporte une «vraie valeur ajoutée». Le chiffre d’affaires de Méditel a été de plus de 5 milliards de DH, pour un résultat net de 500 millions de DH. Sur les dix dernières années l’investissement a été de 25 milliards de DH et pour la période 2008-2011 les investissements seront de 4,5 milliards de DH.
La reprise des parts étrangères n’a-t-elle pas été trop cher payée?
Non, répond Zouheir Bensaïd: «Dans le secteur des télécoms, il faut compter avec l’Ebita (le revenu sans compter les amortissements). Il n’empêche que la taille de l’opération donne mille et une rumeurs.
«Ce sont des opérations très ordinaires à l’étranger mais assez rares au Maroc, explique le vice président directeur général de FinanceCom, la holding abritant l’essentiel des participations du groupe Benjelloun. Pour ne pas «exploser les ratios de Bâle II, nous faisons appel à nos confrères comme à des garanties de la part de banque de premier ordre, à l’étranger». Les repreneurs ont déjà eu plusieurs rencontres avec l’Office des changes, comme avec la Banque centrale. Cette démarche est employée pour chaque grosse opération financière au Maroc.

Deux offensives…

Pour le patron de Méditel, Mohamed El Mandjra, la reprise par les deux actionnaires historiques, le groupe Benjelloun et la CDG, «apporte une stabilité stratégique». Chacun reconnaît en effet que l’ancien tour de table «rendait les décision lentes, difficiles à prendre». Benjelloun taquine d’ailleurs sur le fait que Portugais et Espagnols poursuivent une rivalité multiséculaire. Le deuxième objectif découle du premier. Avec la stabilité stratégique, Méditel devra se montrer plus offensive sur le marché. Certes, elle revendique plus de 8 millions d’abonnés avec 96% en prépayé, soir 36,7% de parts de marché. Mais, indiquent ensemble Alami et Benjelloun, cette part de marché-clientèle représente 20% des revenus de la téléphonie mobile marocaine: il faut que les revenus montent jusqu’au niveau de la part clientèle. Naturellement personne ne veut dire comment Méditel compte s’y prendre : concurrence oblige. El Mandjra ajoute une autre offensive: «Des stratégies de développement sur l’Afrique ne sont pas à exclure, vu le faible taux de pénétration de la téléphonie dans plusieurs pays du continent»… où est déjà implantée BMCE Bank.

Source : Leconomiste.com

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